Essai

Audi e-tron Sportback : avant-garde ou train de retard ?

essai audi e-tron sportback 55 quattro
Raphaelle
Rédigé par Raphaelle

Après un premier essai du e-tron qui n’avait pas pu se faire à cause des grèves, j’étais ravie d’avoir l’occasion de me rattraper avec l’essai du e-tron Sportback 55 quattro, en plus j’ai une petite préférence pour cette ligne. Mais plus que son design, le plus important sur ce modèle, c’est de voir comment Audi a pris le virage du 100% électrique. Vous vous doutez bien qu’il est attendu au tournant, comme un peu tous les modèles de constructeurs premium allemands. Top ou flop cet Audi e-tron Sportback ? Pas si évident de trancher.

essai audi e-tron sportback 55 quattro

Passons le nom pour se concentrer sur le reste

On remercie en effet Audi pour ce joli nom, il ravit surtout les anti-véhicules électriques, qui peuvent du coup faire toutes les blagues pipi-caca autour de ça. Si c’est bon pour tout le monde, on va surtout passer à l’essentiel, le véhicule en lui-même.

Après le SUV plus classique, Audi décline son offre de véhicule 100% électrique avec une version SUV coupé. Que l’on parle du e-tron ou e-tron Sportback, on identifie facilement ces versions électriques au reste de la gamme. Là-dessus, la marque aux anneaux n’a pas joué l’originalité, ni la rupture, ils ont choisi la sécurité avec un modèle qui colle au style actuel de la marque.

essai audi e-tron sportback 55 quattro vs e-tron
e-tron vs e-tron Sportback

Rien de bien original alors ? Ce n’est pas tout à fait vrai non plus, il y a bien quelques évolutions notables, mais plus au niveau des équipements visible à l’extérieur, que du style. Outre l’option des rétroviseurs caméras (dont on reparle plus tard) qui permettent de reconnaître l’e-tron parmi les autres véhicules Audi, l’e-tron Sportback embarque des feux de nouvelle génération : les Digital Matrix LED. Des feux qui pourraient faire l’objet d’un article juste pour présenter toutes les spécificités qu’ils inaugurent, mais on en retiendra surtout qu’ils sont encore plus intelligents et encore plus performants.

essai audi e-tron sportback 55 quattro
Digital Matrix LED

En affinant sa ligne dans une version Sportback, ce SUV gagne en aérodynamisme, et ce n’est pas négligeable quand on parle de véhicule électrique. Cela reste un joli bébé de 4.90 m de long, 1.93 m de large et 1.61 m de haut, mais le modèle gagne en élégance avec cette ligne de toit, enfin pour les amateurs du genre.

Pour le reste, ai-je besoin de dire autre chose que “c’est une Audi” ? Que l’on parle de l’intérieur ou de l’extérieur, on n’a plus vraiment à présenter le style. On a de la place, on est bien installé, on peut remplir le coffre avec 651 litres de bagages, bref on est aussi bien qu’à la maison.

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55 quattro : des performances séduisantes mais gloutonnes

En même temps, on peut facilement imaginer qu’Audi n’allait pas sortir une version asthmatique façon Zoé comme premier VE. Pour marquer les esprits et convaincre sa cible d’acheteurs, il fallait que l’e-tron puisse offrir des performances satisfaisantes. L’e-tron 55 quattro affiche donc jusqu’à 408 ch et 664 Nm de couple avec le boost du mode sport, mais c’est globalement 360 ch et 561 Nm de couple en mode normal que les utilisateurs exploiteront au quotidien.

Ce qu’il faut retenir, c’est que le modèle dispose d’un moteur électrique asynchrone par essieu (soit 2 moteurs pour ceux qui sont fâchés avec la technique), mais c’est essentiellement le moteur arrière qui va être sollicité en roulant. Si le conducteur réclame plus de puissance, alors le moteur avant est instantanément sollicité à travers la transmission intégrale quattro (elle aussi électrique). Il en va de même si les conditions d’adhérence se détériorent.

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Quant à la batterie, l’e-tron Sportback 55 quattro embarque jusqu’à 95 kWh d’énergie (86.5 kWh en capacité utilisable). On s’approche des capacités des grands modèles d’un certain constructeur américain qui domine actuellement le secteur, mais sans en afficher les mêmes autonomies. Le 446 km d’autonomie WLTP pour cet Audi e-tron Sportback est une petite déception.

Pourtant le modèle propose différents modes de régénération, exploitant notamment au maximum les phases de freinage pour se recharger. D’ailleurs comme souvent sur les modèles électriques (bien pensés), 90% des freinages ne sollicitent pas les freins du véhicule. Donc on pourrait croire que l’e-tron pourrait mieux s’en sortir.

essai audi e-tron sportback 55 quattro vs e-tron

Avec entre 21,9 et 26 kWh/100 km en WLTP, l’Audi e-tron Sportback est assez gourmand. Pour vous donner une idée, c’est la même fourchette que le Porsche Taycan (et plus qu’un Model X 7 places). Pour ma part en jouant l’éco-conduite sur notre itinéraire, qui mixait départementales et voies rapides (et un peu de ville), j’ai pu atteindre 19.9 kWh/100 km pour 210 km de roulage, et je vois difficilement comment j’aurais pu descendre plus, sans non plus complétement brider ma conduite.

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Mais l’e-tron Sportback n’est pas le seul modèle premium à afficher des consommations un peu élevées, il faudra un peu de temps aux constructeurs qui se sont lancés sur le tard pour trouver le bon ratio entre efficience et puissance. Mais si on ajoute des modèles gourmands en énergie à un réseau de bornes de charge encore foireux, cela complique un peu la donne, surtout que les forfaits pour utiliser Ionity sont assez salés.

D’ailleurs en parlant de charge, s’il ne faut que 45 minutes pour charger en DC 150 kW (type Ionity), il faut 1h45 en DC 50 kW et 9h30 en AC 11 kW, il faudra s’armer d’un peu plus de patience pour une recharge sur prise domestique standard.

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A l’avant-garde de la technologie : oui, mais ….

Il faut dire que le confort, les finitions et la technologie, c’est vraiment ce qui continuer de différencier les premiums (allemands) des autres, car sur le reste, l’écart est de moins en moins perceptible. Alors forcément Audi n’est pas en reste et l’e-tron Sportback bénéficie de toute la technologie disponible, aussi bien pour le confort intérieur que sur les éléments de sécurité.

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Je m’interroge plutôt sur l’option des rétroviseurs caméra, et c’est là mon “mais” de cette section, c’est un élément technologique qui intrigue à juste titre. Sur un essai aussi court, il est un peu difficile de juger l’apport réel de cette évolution (sur l’autonomie et sur la pertinence de l’installation), mais j’ai eu l’occasion de tester un mois plus tôt la charmante Honda e, première citadine équipée de rétroviseurs caméra, et là il n’y a juste pas photo. Impossible de m’habituer à la version de l’Audi (quasiment aucun problème sur Honda), sa forme (triangulaire) et sa position (surtout côté conducteur), était contre-nature, pire pour quitter Paris je me suis faite de sacrées frayeurs.

essai audi e-tron sportback 55 quattro retroviseur camera

L’écran rétroviseur côté passager ne gêne pas autant, il est un peu plus dans le champ de vision, même si sa forme n’est encore une fois pas optimale, mais celui côté conducteur revient pour moi à lancer son regard en direction de son genou gauche. Je ne suis pas un caméléon, je ne peux pas avoir un oeil sur la route et le second en bas à gauche (ou alors il faut rouler coucher comme certains). Alors bien entendu, on me dit que l’on s’y fait, que c’est une question d’habitude, mais je suis désolée pour moi il est trop bas. J’aurais du mal à juger de la qualité de la vidéo en elle-même, je suis un peu bloquée sur le reste.

En bref

Sur le principe, l’Audi e-tron Sportback n’est pas un loupé pour la marque, d’ailleurs il séduit une clientèle européenne (enfin surtout dans les pays nordiques et l’Allemagne), mais Audi a tout intérêt à améliorer l’efficience de ses modèles pour séduire plus largement, car pour le moment c’est un peu timide du côté des ventes. Il faut dire que cher et gourmand, on a beau aimé la marque aux anneaux et son confort, cela ne pousse pas trop à la transition vers l’électrique, surtout sans aides de l’état.

essai audi e-tron sportback 55 quattro

L’e-tron Sportback 55 quattro démarre à 86 800 €, la version 50 quattro est un peu plus abordable en débutant à partir de 74 500 €. Pour peu que vous optiez pour la finition S-Line vous taquinez déjà les 100 000 €, et ce n’est pas fini. Mais quand on aime, on ne compte pas ?

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Je vous ai finalement peu parlé de la conduite en elle-même, à tort certainement, mais elle est finalement sans grande surprise. Le ressenti est bon, on roule en silence, avec du confort, et le dynamisme qu’il faut, on est dans une bonne Audi, mais pas forcément celle qui fait rêver, malgré les avantages que peuvent apporter l’électrique.

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A la question (que l’on m’a déjà posé), est-ce que je recommanderais ce modèle à une personne qui veut démarrer avec l’électrique, la réponse est hélas non. Sauf si cette personne hésite entre un e-tron Sportback, un Mercedes EQC ou un Jaguar i-Pace, dans ces cas-là, ça se discute, car on retrouve un peu les mêmes défauts sur ces différentes alternatives. L’e-tron et e-tron Sportback correspondra plus à un acheteur qui est conscient qu’il ne cherche pas l’efficience, et qui n’est pas séduit pas la qualité de finition des autres constructeurs.

La version audio de l’essai est disponible ici :

A propos de l'auteur

Raphaelle

Raphaelle

Avoir des chromosomes XX n'empêche pas d'apprécier les voitures et les belles mécaniques, bien au contraire. Je pense même que cela permet d'apporter un regard différent sur le secteur automobile, sans pour autant devoir se limiter à commenter la palette des couleurs des citadines.

J'ai grandi baignée dans l'univers automobile, je me suis fait plaisir avec des sportives raisonnables, j'ai passé des heures voire des week-ends au sein de clubs automobiles. Depuis maintenant plus de 7 ans, j'édite seule le site Miss280ch. Entre coups de coeur et coups de gueule, je m'exprime souvent sans langue de bois, mais toujours avec humour et honnêteté.

Basée en Alsace, je profite de l'Autobahn illimité pour taquiner les VMax des voitures ou des Vosges pour tester les châssis ... ce terrain de jeu est parfait.

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