Essai

J’en pince pour l’Infiniti Q60 – retour sur mon essai de la version 2.0T 211ch

Infiniti Q60 2.0T 211ch
Raphaelle
Rédigé par Raphaelle

Qu’il est agréable d’abandonner un moment les SUV colonisateurs de gamme pour faire l’essai d’un coupé. J’ai pu prendre le volant de l’Infiniti Q60 dans sa version 2.0T essence de 211ch et pas besoin d’attendre la conclusion pour savoir que j’ai passé un bon moment à son volant. Si vous êtes un peu  curieux, je vous invite quand même à lire l’article complet pour découvrir un modèle un peu différent de ce que propose le traditionnel “premium allemand”.

Un look qui ne laisse pas indifférent

Alors je suis consciente que la tendance du moment n’est pas au goût de tous avec ses arêtes saillantes et ses lignes torturées. Pour ma part je trouve que la ligne globale est assez intéressante et je ne suis pas insensible à ce style (et aux petits détails qui la différencie).

Il faut dire qu’ayant apprécié l’esthétique de la Lexus RC, il me serait difficile de dire le contraire avec l’Infiniti Q60, il y a quand même comme une ressemblance au moins dans l’esprit du produit. On sent bien l’évolution de la place du design dans la stratégie du constructeur comparé aux coupés Infiniti G35 et G37 qui l’ont précédé.

Infiniti Q60 2.0T 211ch

Après ce n’est pas une surprise, je raffole des coupés (et je n’aime pas franchement les SUV) donc je me réjouis toujours quand un constructeur en sort un nouveau dans sa gamme. Mais on ne va pas se mentir les coupés allemands, même s’ils sont beaux, ne sont pas toujours très audacieux en termes de design (sauf peut-être le concept BMW serie 8).

Et c’est là que j’apprécie ce que propose les marques asiatiques comme Infiniti, Lexus (RC et LC) et que je suis avec attention les projets de Mazda et attends le renouveau de la Nissan 370Z (à quand la 380Z ??). Même si tous ces modèles sont là pour l’image et la notoriété d’une marque, et pas pour mettre du beurre dans les épinards des constructeurs.

Infiniti Q60 2.0T 211ch

J’aime cet effet de long capot avant plongeant, d’un arrière trapu et assez court… J’apprécie ces autos qui ont des formes voire même des hanches si j’ose la comparaison avec une femme, bref je classe le design de la Q60 dans la catégorie des courbes sensuelles.

Tout n’est pas parfait, notamment la calandre avant qui est un peu moins élégante que le reste de la ligne, mais ceci est volontairement fait pour exacerber l’aspect sportif et racé. On n’est donc pas face à un Top Modèle, mais on a un joli petit lot en face des yeux pour ceux qui apprécient ce genre de dessin (un peu à l’image de mon logo d’ailleurs).

Infiniti Q60 2.0T 211ch

Si l’Infiniti Q60 n’est pas tape à l’oeil, notamment dans cette non-couleur qu’est le gris, elle n’en reste pas moins un objet de curiosité sur la route comme à l’arrêt. Mais là où certaines marques attisent plutôt la jalousie, la Q60 intrigue et c’est plutôt une bonne chose.

Infiniti Q60 2.0T 211ch

Sous le capot, un moteur pas dénué d’intérêt

Sur le papier, le V6 3.0 double turbo essence de 405ch est beaucoup plus attirant que cette version 2.0 turbo essence de 211ch. Je me suis dit qu’à défaut d’avoir le moteur sportif de la gamme, j’aurais un moteur moins gourmand pour faire les 1000 et quelques kilomètres du weekend.

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Pas de quoi écrire à la famille (pour reprendre une expression fétiche de ma maman) me direz-vous ? Détrompez-vous, cette motorisation se défend plutôt bien surtout quand on met les 1722 kg de l’auto dans l’équation. Inutile de vous faire croire que c’est un foudre de guerre qui va vous donner des sensations à chaque pression sur l’accélérateur, mais il apporte une souplesse très agréable. Et si on se dit qu’il doit rapidement s’essouffler, c’est sous estimer ce moteur qui est assez volontaire et suffisant pour se faire des petits plaisirs tout en restant raisonnable.

Il faut toujours un certain temps pour s’apprivoiser entre testeurs et véhicules, avec certains modèles cette fusion se fait plus ou moins rapidement (voire jamais) et avec l’Infiniti Q60 il ne m’a fallu que quelques minutes pour prendre mes marques côté comportement routier, un tout petit peu plus pour vraiment chopper le gabarit de l’auto (4.69m x 1.85m hors rétro sinon 2.05m) car cela devient un joli bébé à manœuvrer pour un coupé.

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Très agréable pour la circulation en ville et les longs trajets sur autoroute, la boite automatique 7 rapports est douce (même si du coup il lui manquera un peu de piquant / réactivité quand on veut jouer) et le confort est au rendez-vous. La Q60 mise plus sur l’agrément de conduite, conduite souple et homogène côté boîte, bon couple pour distribuer la puissance (ni trop ni trop peu), et cela laisse le créneau de la sportivité à sa soeur la Q60s (à confirmer avec un essai peut-être?)…

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Sur autoroute la voiture est sur des rails, même sous la pluie, ce qui m’a surpris dans un premier temps pour une propulsion (mais vous verrez par la suite qu’il faut se méfier de l’eau qui dort). J’ai pu maintenir un bon rythme malgré une chaussée complètement détrempée sans avoir la sensation de prendre des risques inconsidérés (un peu plus et je m’en faisais même flashé…bouh la vilaine) mais avec quand même des distances de sécurité accrues (on n’est jamais trop prudent). Je ne l’aurais pas fait avec mon ex-350Z (certes plus puissante et nerveuse), mais ici on a un châssis plutôt bien travaillé, un centre de gravité bas et un comportement peu fourbe… enfin presque … 😉

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J’ai quand même cherché à pousser la voiture hors de sa zone de confort, je l’ai emmené sur les routes étroites, sinueuses et cabossées des marais salants de la presqu’île Guérandaise. Là le poids de la Q60 agit en sa défaveur, si le moteur peut suivre les sollicitations, le freinage et le surpoids rendent le jeu pas très confortable (ici la Peugeot 308 GTI aurait par contre été beaucoup plus à l’aise). Si l’on tente la même chose sur une jolie route de campagne bien entretenue, on prend par contre pas mal de plaisir.

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Si la Q60s (et ses 405ch) dispose d’un système à 4 roues motrices (AWD), la Q60 2.0T est une propulsion (RWD) et le chemin du retour sur une route bien grasse me l’a rappelé. Première barrière de péage, forcément je mets relativement “pied dedans” pour sortir de la voie télépéage et son arrière train se met à danser la lambada … Oh surprise … je retente la même chose au péage suivant et confirmation, ce soir là la Q60 a envie de chalouper.

Une fois de retour en Ile de France, toujours avec des routes bien grassouillettes, et malgré la fatigue du trajet, j’ai pu un peu m’amuser, à chaque rond point abordé volontairement un peu fort (à minuit je ne prenais pas de risques), la voiture glisse de l’arrière train que l’on peut rattraper facilement (enfin en tenant compte de ses 1.7 tonne). Il y a donc un peu de caractère caché sous cette carrosserie et sous ce capot … intéressant.

Infiniti Q60 2.0T 211ch

Une dernière information utile, j’ai pris la voiture au parc presse d’Infiniti avec une consommation moyenne affichée au compteur de 10.5 l (tiens y en a un qui s’est amusé ou alors qui n’a mangé que du bouchon), je l’ai rendu avec une conso de 7.5 / 7.6 litres au 100 (sans forcer à faire des économies de carburant). On est un peu au dessus des indications du constructeur, mais je pense qu’on peut baisser cette moyenne une fois que l’on connait bien l’auto, sans pour autant se priver de se faire plaisir.

Chose que j’ai apprécié c’est son réservoir de 80L, alors certes le passage à la pompe est un peu douloureux, mais au moins on n’a pas un dé à coudre que l’on doit remplir trop souvent et personnellement ça me va très bien. Un peu plus de 1100km parcourus sur le WE pour un peu plus d’un plein (histoire de rendre la voiture le réservoir rempli), ce n’est pas si mal.

Infiniti Q60 2.0T 211ch

Vie à bord, globalement RAS…

Dans mon périple, j’ai donc fait 800 km d’autoroute parfois au régulateur, parfois sans … et souvent sous la pluie (les joies de partir en direction du Sud de la Bretagne) et si on s’ennuie à mourir sur ce genre de trajets, on n’en ressort pas physiquement cassé car l’assise des sièges et l’auto en général, offrent un bon confort pour le conducteur mais aussi le passager.

Au moins cela laisse le temps de découvrir les différentes technologies d’aides à la conduite embarquées sur ma finition “Premium Tech” dont le régulateur de vitesse intelligent, la gestion des angles morts (qui s’est révélé assez utile) etc etc… Tout ce qu’il faut à une voiture moderne pour palier aux défauts d’attention des conducteurs.

Infiniti Q60 2.0T 211ch

Pour se garer, on pourra exploiter les caméras de recul et même la vision 360° AVM (Around View Monitor) disponible sur les deux finitions “tech”, ce qui est assez agréable pour ménager les jantes (et sa carrosserie) sur le long terme.

Infiniti Q60 2.0T 211ch

Cette voiture est clairement utilisable au quotidien, enfin pour des célibataires ou des couples sans enfant, car l’accès aux places arrières reste compliqué on gardera ça surtout pour du dépannage, au moins ce n’est pas une voiture à réserver aux sorties du dimanche car elle est polyvalente. Coté coffre, on est aussi un peu limité avec une contenance de 342 litres, ce n’est pas ridicule non plus, mais sa forme (en longueur et pas en profondeur) limitera les achats ou le choix des valises à emmener.

Infiniti Q60 2.0T 211ch

Enfin le dernier point que je voulais aborder c’est la console centrale avec le système d’infotainment. Moi qui ne suis pas favorable au “tout tactile” surtout quand les systèmes ont été conçus par des ingénieurs ayant bac +18 (en gros tout sauf intuitif), je suis contente d’avoir un certain nombre de commandes par bouton dans l’Infiniti Q60 (commande de clim / chauffage, mais aussi volume de l’autoradio).

Après on s’y perd un peu entre les boutons et les deux écrans tactiles (+ les commandes au volant), mais une fois que l’on comprend la logique, on s’y retrouve bien plus vite qu’avec de nombreuses marques. Donc y a du pour et du contre, le style est un peu chargé alors que la tendance va à l’épuration des consoles centrales, mais globalement c’est un système que j’ai bien pris en main (c’est suffisamment rare pour le spécifier).

Infiniti Q60 2.0T 211ch

En conclusion

Vous l’aurez sûrement compris, c’est à regret que j’ai rendu les clés de l’Infiniti Q60 après mon essai, pourtant je n’avais pas été tendre avec mon essai de la Q30. Pour moi c’est une voiture qui n’est pas inintéressante, mais dont les qualités sont bien trop méconnues (le déficit de notoriété de la marque n’aidant pas et le manque de points de vente/sav non plus). On a globalement un beau coupé (4 places), même s’il convient plutôt à 2 personnes, avec une motorisation que l’on pourrait penser sous-dimensionnée pour ce gabarit mais qui ne l’est pas.

Infiniti Q60 2.0T 211ch

La Q60 offre pas mal d’agréments de conduite aussi bien pour rouler cool au quotidien que pour s’encanailler un peu plus à l’occasion. Avec son grand réservoir et une conduite “normale”, j’ai pu faire autant de bornes qu’avec mon diesel (BMW 320D en boite auto) et là je me dis “mais que chercher de plus ?”… et c’est peut-être certains détails qui pourront renverser l’évidence.

Infiniti Q60 2.0T 211ch

Reste aussi l’épineuse question du prix, à partir de 50 890€ pour la finition Premium Tech que j’ai testé (44 390€ pour la Premium), ce qui place la Q60 plus chère qu’une BMW série 4 ou qu’une Audi A5 (de base), aïe voilà surement la raison pour laquelle nous ne croisons pas plus de Q60 sur nos routes…  et c’est bien dommage !

Infiniti Q60 2.0T 211ch

p.s : vous aurez remarqué il fait parfois très beau en Loire Atlantique … enfin du moins une journée sur les deux où j’y étais … 😉

A propos de l'auteur

Raphaelle

Raphaelle

Passionnée d'automobiles surtout quand elles ont des chevaux sous le capot, je parle des voitures sans me limiter à la palette des couleurs des citadines... .

Entre coups de coeur et coups de gueule, je m'exprime souvent sans langue de bois mais toujours avec humour.

Basée en Alsace, je profite pleinement de l'autobahn illimitée pour taquiner les VMax des voitures...

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