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Dyson jette l’éponge pour ses véhicules électriques

Raphaelle
Rédigé par Raphaelle

La voiture électrique a ouvert des opportunités à des entreprises naissantes comme à des entreprises existantes sur d’autres secteurs d’activité de se lancer sur des projets de véhicules électriques. Dyson avait choisi d’entrer de plain-pied dans la course en 2017 (et même sûrement avant, sans que cela ne soit officialisé).

Si on ironise beaucoup sur le fait qu’une entreprise d’aspirateurs ne pouvait pas réussir à fabriquer des voitures, c’est quand même bien mal connaître l’origine de certaines marques automobiles que l’on côtoie désormais au quotidien. Elles sont quand même nombreuses à avoir eu des activités très éloignées de l’automobile avant de se décider à se lancer dans ce domaine, souvent sous l’impulsion de leur président. Je repense notamment à l’histoire de Hyundai dont j’avais parlé cet été, mais Peugeot est aussi un bon exemple (même si c’était quand même une autre époque).

Dyson était loin d’être un challenger aussi surprenant qu’il n’y paraît, en tout cas, bien moins fou que de lancer une marque en partant de zéro comme on peut l’observer avec des Faraday Future, des Byton et d’autres du même acabit (les “Tesla killers” comme on aime à les appeler qui pour le moment ne sont toujours pas une menace pour quiconque), mais le plan d’investissement et le calendrier semblait un peu audacieux. Pour autant Dyson a toujours investi massivement dans la R&D, c’est clairement une boîte d’ingénieurs et de bons marketeurs aussi, et ce n’est pas la conception en tant que tel de la voiture qui leur a posé problème, puisqu’ils annoncent avoir un projet abouti, mais bien ce qui devait arriver après (enfin à partir de maintenant pour une commercialisation en 2021 des premiers modèles).

Dyson l’annonce clairement dans son communiqué, ce n’est pas un échec du produit ou des équipes travaillant sur le projet, c’est un problème de viabilité au niveau du commercial. En effet on ne vend pas une voiture comme un aspirateur ou un sèche-cheveux, aussi révolutionnaire soit-elle, mais surtout pour survivre dans ce milieu fortement concurrentiel, il faut un réseau et des marges confortables sur les véhicules produits, un équilibre très difficile à obtenir quand on part de zéro et avec un investissement limité.

Sinon on finit comme Tesla à toujours courir après des levers de fond pour boucler certaines périodes comptables plus compliquées que d’autres. Chose qu’Elon Musk gère d’une main de maître avec quelques coups sortis du chapeau un peu borderline, mais la finalité c’est que la marque américaine que l’on annonce pour morte depuis plusieurs années est toujours là et de plus en plus forte (même si les comptes en banque doivent encore faire grise mine de temps en temps).

Dyson a choisi de ne pas dilapider son argent à tort et à travers pour aller coûte que coûte au bout du projet (à la différence d’autres marques qui augmentent toujours les investissements sans avoir la garantie de ne pas foncer droit dans le mur), et cela semble plutôt une saine réflexion. D’ailleurs le concept de Dyson est à vendre, et il pourrait peut-être bien intéresser quelques groupes automobiles ayant à faire leur transition vers les véhicules électriques et qui seraient un peu en retard sur la question en matière de R&D. En tout cas Dyson semble avoir travaillé sur la question de la batterie, puisqu’ils vont continuer à travailler sur ce domaine, mais c’est quand même frustrant de ne pas avoir pu observer un prototype pour juger du projet.

Un de moins dans la course au véhicule électrique, qui sera le suivant ?

A propos de l'auteur

Raphaelle

Raphaelle

Avoir des chromosomes XX n'empêche pas d'apprécier les voitures et les belles mécaniques, bien au contraire. Je pense même que cela permet d'apporter un regard différent sur le secteur automobile, sans pour autant devoir se limiter à commenter la palette des couleurs des citadines.

J'ai grandi baignée dans l'univers automobile, je me suis fait plaisir avec des sportives raisonnables, j'ai passé des heures voire des week-ends au sein de clubs automobiles. Depuis maintenant plus de 7 ans, j'édite seule le site Miss280ch. Entre coups de coeur et coups de gueule, je m'exprime souvent sans langue de bois, mais toujours avec humour et honnêteté.

Basée en Alsace, je profite de l'Autobahn illimité pour taquiner les VMax des voitures ou des Vosges pour tester les châssis ... ce terrain de jeu est parfait.

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