Essai

Essai de la Ford Mustang GT : la machine à redonner le sourire

Ford Mustang GT V8 (2018)
Raphaelle
Rédigé par Raphaelle

On s’habitue progressivement aux sonorités discrètes voire fades des 3 et 4 cylindres turbocompressés, alors qu’il est bon de retrouver les joies d’un V8. J’ai eu l’occasion d’avoir cette Mustang GT quelques jours en juillet pour cet essai, et si mon moral n’était pas au top ces jours-ci, il me suffisait de me mettre au volant de la bête et de la démarrer pour retrouver l’oeil pétillant et un sourire en coin, maintenant tout n’est pas parfait avec cette version GT à tel point qu’elle me provoque un dilemme à savoir qui j’ai préféré entre elle et sa version Ecoboost que j’ai testé il y a deux ans déjà.

Ford Mustang GT V8 (2018)

Quoi ? préférer l’Ecoboost …sacrilège !!

Je vais tout de suite traiter ce point avant de recevoir des tomates virtuelles au visage. Si pour tous les fans de la Mustang, il n’y a que la version GT qui compte pour perpétuer l’image de la muscle car comme on l’aime, en termes de comportement routier le poney sauvage s’est quand même quelque peu assagi malgré les 450ch sous le capot (et un couple de 529 Nm à 4600 trs/min) alors que le comportement de l’Ecoboost tend plus vers quelque chose de “punchy”.

Ford Mustang GT V8 (2018)

Étrange paradoxe d’avoir une motorisation plus puissante qui finalement semble plus douce (même si ce n’est pas tout à fait vrai) qu’une version plus raisonnable. Maintenant il faut préciser qu’entre mon test de la Mustang Ecoboost et celui de la GT, il y a eu un nouveau millésime avec des évolutions de style mais aussi côté mécanique. La motorisation de l’Ecoboost a évolué à la baisse pour la puissance (290 ch au lieu de 317ch) mais a gagné en couple (440 Nm), cela peut avoir changé la donne mais j’en doute en fait (vu le gain de couple).

Ford Mustang GT V8 (2018)

En fait l’Ecoboost a plus d’agilité et réagi à toutes les sollicitations dès des régimes moteur assez bas, cela lui donne un comportement assez joueur et très sympa pour attaquer les petites routes. De son côté le V8 est un moteur atmosphérique qui donne tout ce qu’il a plus haut dans les tours mais du coup couplé à la boite automatique 10 rapports qui se tente à rendre le moteur plus sobre, elle a tendance à passer les rapports bien avant que la voiture ne délivre ce que ce bloc V8 a à nous offrir… frustration ! (on est vite en vitesse 8 ou plus à 80km/h)

Ford Mustang GT V8 (2018)

Si le mode Sport tend un peu à changer ce comportement en poussant un peu plus loin le passage de rapport, il y a encore un petit quelque chose qui chagrine un peu. Je me demande toujours si les sensations ne seraient pas différentes avec une boite manuelle comme on la retrouve dans la version assez désirable de la Bullitt.

Ford Mustang GT V8 (2018)

En revanche il y a une chose que l’on n’enlèvera pas au V8 c’est sa sonorité si réconfortante au démarrage, sauf que là encore si dans les basses vitesses et bas régime le moteur ronronne en nous envoyant une vague de bien-être, avec la boîte 10 passé 70km/h la voiture devient un peu aphone (et pas si éloignée de l’ecoboost). On va finalement apprécier les zones 30 en ville, un comble avec cette voiture que l’on imagine à la conquête des grands espaces.

Ford Mustang GT V8 (2018)

Toujours en progression

Je suis toujours surprise d’entendre dire que les finitions des américaines comme la Mustang ne sont pas à la hauteur. En 10 ans la progression est pourtant indéniable, et la fracture qui existait avec nos modèles “européens” tend à disparaître progressivement, y compris au niveau des équipements embarqués ou du travail sur les suspensions (surtout avec l’option Magneride). En général à ces personnes je leur recommande d’actualiser leurs tablettes en allant juger par eux-mêmes, et après je les invite à me citer un modèle ayant un aussi bon rapport plaisir / prix et qui soit mieux selon eux.

Ford Mustang GT V8 (2018)

Après on peut ne pas être sous le charme de la Mustang, mais franchement 450 ch avec un V8 dans un coupé à moins de 50 000€ (hors option et malus) on trouve quoi d’autre d’équivalent, qui en sus soit autant apprécié par le grand public ? En plus il y a un vrai plaisir de conduire cette voiture malgré des proportions assez imposantes.

Ford Mustang GT V8 (2018)

C’est toujours un plaisir de se promener en Mustang car même si elles se font beaucoup moins rares sur nos routes (au contraire même on commence à en croiser presque trop), les gens la regardent passer toujours avec une forme de bienveillance ou de plaisir, elle attire l’attention mais sans autant attiser la jalousie. Dans sa robe Orange Fury (très discrète), j’ai eu pas mal de pouces levés y compris de cyclistes, de porschistes et de conducteurs de Mercedes (je vais encore me faire des copains moi 😉 ), pour moi c’est une voiture qui réunit plus qu’elle ne divise et ça à l’époque actuelle, c’est juste beau !

Ford Mustang GT V8 (2018)

Pour en revenir à l’évolution du modèle, si déjà lors de mon essai en 2016 de la version Ecoboost, j’avais bien apprécié le système Ford Sync 2, j’ai apprécié manipuler la version Sync 3, un système que je trouve assez bien pensé. Mais la grosse évolution pour moi c’est de découvrir le compteur digital implanté dans la planche de bord et qui évolue en fonction du mode que vous avez enclenché, à la fois ludique et pratique. Il présente pas mal d’informations différentes sur la voiture (plus ou moins pertinentes selon votre utilisation) mais vous pouvez en plus pas mal personnaliser cet affichage.

Ford Mustang GT V8 (2018)Ford Mustang GT V8 (2018)

La fonctionnalité que j’ai le plus apprécié sur cette Mustang GT est un petit détail, mais c’est parfois dans les détails que se font toute la différence. Quand dans beaucoup de sportives il faut activer un mode spécial pour donner un peu de voix à son échappement, avec la Mustang c’est l’inverse. La version GT a une option pratique pour rester en bons termes avec ses voisins, on peut rendre plus silencieux son V8 notamment pour partir tôt le matin et/ou rentrer tard le soir.

Ford Mustang GT V8 (2018)

En activant ce mode silencieux, on passe du son enjôleur du V8 à quelque chose s’approchant du 4 cylindres, ce qui permet de manoeuvrer sans réveiller tout le voisinage. Le temps de mon essai, je suis rentrée deux fois après deux heures du matin en plein été, si j’ai sûrement réveillé quelques personnes dormant avec les fenêtres ouvertes dans des villages que j’ai traversé, j’ai pu épargner le sommeil de mes voisins direct en manoeuvrant pour me garer. Cela peut sembler gadget mais après tout je trouve ça assez respectueux, un très bon point pour Ford.

Ford Mustang GT V8 (2018)Ford Mustang GT V8 (2018)

Un petit rappel pour ceux qui ne connaissent pas bien la Mustang, si les deux places arrière sont assez confortables, elles ne sont pas prévues pour trop grand. Par contre le coffre est un vrai plus, on peut y stocker pas mal de choses mine de rien.

Ford Mustang GT V8 (2018)Ford Mustang GT V8 (2018)

En bref

Je suis toujours sous le charme de la Mustang (mais ça ce n’est pas une grosse surprise) et cette actualisation de la face avant qui a choqué certains journalistes et fans ne me gêne absolument pas, je trouve même qu’elle a pris encore un peu d’agressivité qui lui sied bien (sans parler de la finition Bullitt encore plus radicale).

Ford Mustang GT V8 (2018)

Côté choix de la motorisation, si pour vous le plaisir de la Mustang réside dans le bruit du V8 et que vous cherchez une voiture pour cruiser, faites-vous plaisir cette version GT reste un des meilleurs rapport qualité / performance / prix du marché. Si par contre vous voulez une Mustang comme sportive confortable, il faudra se demander si l’Ecoboost ne correspondra pas plus au comportement que vous en attendez. Il y a du bon dans ces deux versions dans tous les cas (j’aimerais bien un mix des deux en fait).

Ford Mustang GT V8 (2018)

Il me manque par contre une chose sur cette voiture pour qu’elle soit quasi parfaite (et je ne comprends pas que ce ne soit toujours pas de série), c’est des radars de proximité à l’avant ou mieux une caméra (ou une vision panoramique), parce qu’avec son capot interminable c’est vraiment au feeling que l’on se gare sans aucune visibilité sur l’avant de sa voiture (oui je sais je n’ai qu’à me garer en marche arrière, mais la flemme….)

Ford Mustang GT V8 (2018)

Ah oui si vous tentez la conduite sportive avec le V8, vous devriez prendre la carte de fidélité dans la station-service du coin parce que les 61L du réservoir sont capables de disparaître comme neige au soleil, et d’ailleurs j’ai été un peu surprise quand la voiture m’a indiqué la réserve en arrivant sur le dernier quart…. ouille ça surprend la première fois 😉

Ford Mustang GT V8 (2018)

Plus de 10 millions d’exemplaires de la Ford Mustang ont été fabriqués en 50 ans, elle est la sportive la plus vendue au monde et on comprend facilement pourquoi !  J’espère bien que les nouvelles normes ne vont pas nous priver de ce jouet que l’on vient juste de récupérer il y a quelques années en Europe, car pour le moment il y a une vraie hécatombe sur les modèles qui offrent un plaisir de conduire presque sans concession (dans des budgets abordables je précise, si on est millionnaire c’est autre chose).

Ford Mustang GT V8 (2018)

p.s: Merci Yaz pour les photos avec la Mustang (et la licorne rose)

A propos de l'auteur

Raphaelle

Raphaelle

Passionnée d'automobiles surtout quand elles ont des chevaux sous le capot, je parle des voitures sans me limiter à la palette des couleurs des citadines... .

Entre coups de coeur et coups de gueule, je m'exprime souvent sans langue de bois mais toujours avec humour.

Basée en Alsace, je profite pleinement de l'autobahn illimitée pour taquiner les VMax des voitures...

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.