Essai

Suzuki Swift Sport une 3ème génération all inclusive

Suzuki Swift Sport 2018
Raphaelle
Rédigé par Raphaelle

La première Swift Sport est apparue en 2007, un peu plus de 10 ans plus tard j’ai eu l’occasion de tester la 3 ème génération de cette petite automobile sportive en région lyonnaise. Jusqu’à maintenant celle-ci a toujours su trouver son public, mais qu’en sera-t-il avec ce nouvel opus dont la philosophie a quelque peu évolué ? Embarquez avec moi, je vous dis tout de mon essai de cette puce vitaminée.

Evolution du modèle

La Suzuki Swift Sport de première génération s’était retrouvée pendant un temps dans une de mes listes des voitures envisageables, mais finalement elle s’est révélée trop petite pour mes besoins et un peu trop “raide” au niveau du confort (je cherchais une voiture un minimum confortable pour enquiller les kilomètres), pourtant j’avais assez craqué sur sa philosophie. En fait j’ai toujours trouvé la Swift intéressante dans la catégorie des citadines avec un esprit bien à elle, une Suzuki Swift a d’ailleurs intégré la famille, j’ai eu l’occasion de la conduire plusieurs fois et j’ai toujours considéré que c’était globalement une bonne auto.

Suzuki Swift Sport 2018

Mais revenons à l’évolution de notre Swift Sport version 2018, car celle-ci a quand même bien changé par rapport aux deux premières versions. Déjà sous le capot où on trouve sûrement le changement le plus flagrant, le moteur 1.6 VVT est maintenant un moteur Boosterjet 1.4, on passe donc d’un atmosphérique à un moteur turbocompressé, rejoignant la longue liste des modèles ayant opté pour cette solution. “Sacrilège !” diront certains, mais nous verrons un peu plus tard en quoi ce choix se défend.

Suzuki Swift Sport 2018

La nouvelle Swift Sport est donc un poil plus puissante pour atteindre 140 ch (4 ch de plus, on ne se moque pas d’autres sportives ne font pas mieux d’une génération à l’autre) mais surtout elle gagne en couple (230 Nm), et quand on met en plus dans l’équation une baisse de 80 kg du poids de l’auto repassant en dessous de la tonne par rapport à la deuxième version, on obtient un très bon résultat pour cette catégorie de voiture.

Un changement de philosophie accompagne aussi cette nouvelle génération, si la première pouvait sembler un peu brut de décoffrage, en 2018 place à une auto plus polyvalente et civilisée. La Swift Sport dispose de nombreuses aides à la conduite et autres organes de sécurité devenus obligatoires (ou en passe de l’être). Mais surtout Suzuki opte pour une configuration unique, ce que j’appelle le “all inclusive” dans mon titre. Alors que la tendance à la personnalisation a envahi le catalogue de nombreuses citadines, ici sur ce modèle tout est inclus : 1 type de carrosserie (5 portes), 1 motorisation (essence 1.4 Boosterjet), 1 finition (sport), 7 coloris extérieurs (tous compris dans le prix de l’auto, même ce “magnifique” jaune très discret 😉 ) et 0 option.

Suzuki Swift Sport 2018

Plus pratique pour la production industrielle (même si beaucoup d’éléments diffèrent de la Swift normale), le fait de n’avoir aucune personnalisation au niveau de la chaîne d’assemblage fait gagner du temps et de l’argent à la marque. A voir si les clients ne vont pas être un peu surpris par cette proposition, qui fait sensiblement grimper le prix (20 700€) par rapport aux précédentes générations, mais il est fort probable que le client final s’y retrouve avec un véhicule alors mieux équipé. En fait la Suzuki Swift Sport est vendue comme une série limitée, un peu comme la Yaris GRMN (qui ne propose même pas le choix de la couleur de sa carrosserie) mais les deux autos ne boxent pas dans la même catégorie, non la Swift Sport pourrait se rapprocher de l’essai de la Ford Fiesta ST Line que j’ai fait (même puissance, même ordre de prix, mais avec environ 200 kg de plus pour la Fiesta).

Suzuki Swift Sport 2018

Au volant de la petite sportive

Les premiers kilomètres je me suis posée des questions sur la sportivité de cette Swift, avant de réaliser que pour sortir du centre-ville de Lyon j’avais roulé en mode “eco-conduite” en restant bas dans les tours sans forcer (l’habitude maintenant, en plus le trafic lyonnais ne permettait pas vraiment beaucoup de fantaisie), j’étais donc loin d’exploiter tout le potentiel de l’auto. Il a fallu attendre que les routes se dégagent un peu pour pouvoir prendre la mesure du caractère joueur du modèle que j’avais entre les mains.

Suzuki Swift Sport 2018

Comme quoi on peut être au volant d’une sportive sans forcément avoir besoin de flamber inutilement du sans plomb pour faire avancer la voiture (en même temps il vaut mieux avec un réservoir de 37 litres seulement), c’est sûrement un des avantages lié au poids contenu de l’auto et au couple de sa nouvelle motorisation (qui aide bien pour les relances à bas régime). Mais là où on peut vraiment voir que cette Suzuki Swift Sport en a dans le ventre, c’est sur des routes plus vallonnées où il y a moyen de s’amuser même avec “140 ch”.

Sur les petites routes, dès lors que l’on peut pousser les rapports de la boîte manuelle entre 3500 et 6000 trs/min on peut commencer à jouer avec l’auto. En tout cas j’ai pris un certain plaisir sur les tracés sinueux entre petits cols et coteaux du Beaujolais, car à la différence de bien des voitures sportives devenues aussi aseptisées que confortables, on n’a pas besoin de monter à des vitesses très élevées pour ressentir des sensations.

Suzuki Swift Sport 2018

La voiture offre de nombreuses qualités : elle est agile et dynamique, son gabarit permet de se faufiler aisément sur ces routes étroites comme en ville, les suspensions sont assez rigides et sans roulis, et la direction assez nette. Comme j’étais seule dans la voiture, et même si je n’étais pas en avance sur le timing pour le déjeuner, je me suis fait deux fois une route montant vers un col de ce secteur avec un sourire de “sale gosse” en poussant la voiture sans jamais me sentir en insécurité.

Maintenant le confort y est quand même assez rudimentaire, même si les sièges semi-baquets assurent un bon maintien (il n’aurait d’ailleurs pas fallu que j’ai des hanches plus larges sinon j’aurais été un peu compressée), les suspensions sont assez fermes, on sent donc bien la chaussée et ses nombreuses imperfections qui sont peu filtrées. Ceci dit sur autoroute la voiture reste agréable, peut-être pas pour faire un Lille Marseille sur un coup de tête, mais suffisamment confortable pour les besoins du quotidien.

Suzuki Swift Sport 2018

Bien équipée cette Swift Sport 3ème du nom

Il n’est pas toujours évident de tester toutes les fonctionnalités embarquées à bord des automobiles lors des essais organisés. Je n’ai d’ailleurs pas complètement dompté les différents menus de l’infotainment GPS/Radio/Bluetooth & co de 7″ (mais ça c’est le problème de passer rapidement d’une marque à une autre), ni d’ailleurs trop modifié les affichages du compteur central, mais il y a quelques fonctions sympas à découvrir, moi je me suis bien amusée avec le manomètre qui donne la charge du turbo.

Suzuki Swift Sport 2018

Par contre pour une fois le tracé m’a permis de tester le régulateur de vitesse adaptatif que l’on commande depuis le volant assez facilement. J’ai d’ailleurs une nette préférence pour les régulateurs qui se règlent via le volant plutôt que par un comodo caché derrière le volant. Bref celui-ci fonctionne bien, d’autant mieux qu’il est facile à prendre main sans avoir à se prendre la tête.

J’ai eu aussi la grande joie de tester la fonction de freinage d’urgence de l’auto avec une voiture qui s’est rabattue au ras de mes moustaches pour piler juste après, donc je valide aussi cette fonctionnalité. Concernant les alertes de franchissement de ligne ou la correction des trajectoires, c’est toujours à double tranchant, ce n’est globalement pas ce que je préfère mais on n’a plus vraiment le choix, cela va s’imposer de plus en plus sur tous les véhicules et on peut désactiver l’alerte de franchissement de ligne depuis un bouton sur le volant.

Suzuki Swift Sport 2018

Dernière petite chose que j’apprécie, enfin surtout qui me manque sur les voitures qui n’en sont pas équipées, c’est l’aide au démarrage en côte. Ayant eu quelques manœuvres à faire (merci aussi la caméra de recul), dont certains demi-tour pas toujours prévus au programme, cette aide est quand même un grand confort pour éviter d’avoir à jouer du frein à main en plus de tout le reste (on fume moins l’embrayage notamment).

Suzuki Swift Sport 2018

Le gros avantage pour moi avec cette Swift Sport c’est de ne pas avoir à vous dire que toutes ces technologies (si pratiques quand on y a déjà goûté),  sont optionnelles et vont rajouter un gros billet à la facture, car tout ceci est inclus dans les 20 700€ de l’auto,y compris l’Apple CarPlay et Android Auto, formule “all inclusive”.

En résumé

Cette nouvelle Suzuki Swift Sport affirme sa sportivité avec un look extérieur un peu plus musclé que la Swift classique sans dénaturer l’ADN du best-seller de la marque, et cela se prolonge jusqu’à l’intérieur par quelques inserts rouges qui donnent un peu de peps à l’ensemble. Mais au-delà de l’aspect esthétique de l’auto, l’évolution de la Swift Sport se porte surtout sur 3 points :

  • un châssis optimisé pour améliorer la tenue de route
  • un couple moteur plus important de 230 Nm (ce qui donne un ratio de 4.2 kg / Nm)
  • une réduction du poids de 80 kg par rapport à la génération précédente (975 kg).

Suzuki Swift Sport 2018

Si le choix de passer à une motorisation 1.4 Boosterjet peut briser le coeur des fans de la première génération, il permet aussi de contenir les émissions de CO2 à 125 g/km pour la norme NEDC corrélée (et 135 g/km selon l’homologation WLTP à venir en 2019). Le comportement routier a lui aussi évolué pour offrir un style avec plus de compromis et de polyvalence (aussi bien à l’aise en ville, sur autoroute ou en conduite plus sportive) tout en gardant de bonnes performances, ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose pour attirer une nouvelle clientèle vers cette petite sportive.

Le poids contenu de l’auto (975 kg) redonne un avantage à la Swift Sport face à certaines de ses concurrentes, surtout pour une 5 portes avec un coffre de 263 L. Maintenant il y a un petit quelque chose que j’aime moins, c’est les 37 litres du réservoir, ce qui va demander de faire des pauses assez régulières à la station service (et ça on s’en passe volontiers), même si la consommation mixte est annoncée à 5.6 l/100km.

Suzuki Swift Sport 2018

De toute façon peu importe la débauche des chiffres et d’informations que je vous donne, le choix d’une Suzuki Swift Sport n’est pas toujours rationnel. C’est le genre de voiture que l’on choisi au coup de coeur parce qu’elle est sympa et efficace, et que bien souvent cela suffit amplement pour craquer pour cette bouille un peu plus atypique. Elle a failli m’avoir il y a une dizaine d’année, je ne suis finalement peut-être pas très objective 😉  …. à vous de juger !

A propos de l'auteur

Raphaelle

Raphaelle

Passionnée d'automobiles surtout quand elles ont des chevaux sous le capot, je parle des voitures sans me limiter à la palette des couleurs des citadines... .

Entre coups de coeur et coups de gueule, je m'exprime souvent sans langue de bois mais toujours avec humour.

Basée en Alsace, je profite pleinement de l'autobahn illimitée pour taquiner les VMax des voitures...

8 commentaires

  • J’ai apprécié l’article et les photos sont très sympas. Si je devais chipoter je dirais qu’une petite info sur le 0-100 ne m’aurait pas déplu 😉

    • C’est vrai que je n’en ai pas parlé, et c’est même vrai que j’en parle de moins en moins, sauf sur les voitures qui dépotent …
      ici on a selon les données constructeurs un 0 à 100 en 8.1s … ce qui est pas mal pour cette catégorie 🙂

  • Merci pour cet article. Je vais recevoir la mienne dans 15 jours, je commence à trépigner 😉
    Vous ne parlez pas de 3 défauts très irritants au quotidien, d’autant qu’ils seraient si faciles à éviter :

    * Le compteur de vitesse : la partie jusqu’à 90 kmh, utile 95% du temps (pour les citadins) n’occupe que le quart en bas à gauche du compteur ! Lisibilité nulle et budget excès de vitesse maousse en perspective.

    * Plus ennuyeux, du coup : pas d’affichage digital possible de la vitesse ! Je vais être obligé de coller un afficheur tête haute avec un vilain fil qui pendouille… Un comble pour une voiture neuve.

    * Les rétros rabattables électriquement… mais uniquement de l’intérieur ! => on rabat d’abord les rétros, puis avant d’ouvrir la portière, on doit se contorsionner pour voir derrière si une vieille dame ou un cycliste ne se pointe pas au dernier moment… Sur la C4 de Madame qui a 10 ans (la voiture, pas Madame), on sort d’abord tranquillement, puis on verrouille les portières, et miracle, les rétros se rabattent automatiquement.
    Je sens que ça va m’énerver.

    • Retour intéressant, Merci !
      Pour ce qui est des défauts, je n’ai pas eu la gêne de visibilité du compteur pour les basses vitesses mais cela peut venir aussi de ma taille ou position de conduite… surtout j’ai déjà croisé bien pire en terme de visibilité du compteur 😉
      C’est vrai qu’il manquerait un affichage tête haute dans le package des options incluses, mais c’est quand même pas le plus fréquent sur ce genre de gabarit d’auto.
      Pour les rétros c’est vrai que c’est un détail que j’ai pas remarqué puisque forcément dans un essai aussi court on ne rabat pas nos rétros … mais bien vu car c’est vrai que pour éviter de shooter les cyclistes ce n’est pas terrible de devoir rabattre le rétro avant d’ouvrir la portière

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.