Essai

Citroën AMI : réel objet de curiosité

Essai Citroën AMI

Citroën m’a invité à jouer les touristes dans Paris au volant de son quadricycle électrique sans permis AMI, un essai pas comme les autres réalisé fin août dans la capitale, mais loin d’être dénué d’intérêt pour autant. La Citroën AMI se présente comme une alternative aux voiturettes sans permis et autres engins de mobilité, mais pour qui ? Pourquoi ? Comment ? Je vais essayer de répondre à ces questions, tout comme j’ai eu à le faire à de nombreuses reprises lors de notre court essai dans les rues de Paris.

Essai Citroën AMI - my AMI en différentes couleurs

Qu’est-ce que AMI ?

AMI est un quadricycle léger (et non pas une voiture) de 2 places, fonctionnant en 100% électrique avec une puissance de 6 kW. Bridé à 45 km/h maximum pour pouvoir être utilisé sans permis (donc dès 14 ans en France), ce véhicule doit permettre de faire jusqu’à 70 km (WLTP) sur une charge.

La petite batterie de 5.5 kWh est logée sous le plancher, et le véhicule se branche à la façon d’un aspirateur (son câble électrique est caché côté portière passager) sur une prise domestique pour se recharger en 3 heures.

Citroën AMI - prise de recharge

Côté dimension, le petit gabarit du véhicule le rend intéressant pour la ville avec 2,41m de long pour 1,39m de large et 1,52m de haut. Même s’il ne permettra pas de se garer à la façon des Smart en perpendiculaire entre deux voitures garées en créneau (dommage). AMI fait moins de 500 kg (485 kg batterie incluse).

Si vous avez l’impression de ne pas distinguer l’avant de l’arrière de l’AMI, c’est normal. De nombreux éléments sont communs pour optimiser les coûts : boucliers, portières, … D’ailleurs, les portes ne s’ouvrent pas dans le même sens pour cette raison.

A qui s’adresse Citroën AMI ?

Sur le principe, ce véhicule s’adresse avant tout à des personnes ne disposant pas du permis de conduire, mais finalement comme un Twizy de Renault, il pourrait aussi séduire d’autres conducteurs pour des besoins ponctuels en ville. Il est possible de conduire AMI dès 14 ans en France (au même titre qu’un scooter avec le brevet de sécurité routière), elle pourrait donc cibler des jeunes qui ont besoin de mobilité, mais dont les parents n’ont pas envie de mettre leur enfant sur un deux-roues.

Essai Citroën AMI - compteur central

Mais il est fort à parier que la clientèle des jeunes conducteurs restera finalement limitée, j’imagine plus facilement cette solution s’implanter chez des personnes plus âgées (voire âgées tout court) dans les villes, mais aussi et surtout les campagnes. Dans des secteurs où la voiturette thermique est déjà bien implantée, Citroën AMI pourrait bien représenter une alternative intéressante aux traditionnelles Aixam, Ligier & co.

Même si AMI est un véhicule électrique, sa simplicité d’usage pourrait le rendre attractif auprès d’une cible pourtant un peu réticente à la technologie, et donc aux autres voitures électriques traditionnelles. Et dans les coins reculés de nos campagnes françaises, où les stations services ferment les unes après les autres faute de rentabilité (et de durcissement des normes), une prise électrique (classique) chez soi devient alors bien plus facile à trouver que de faire 20 km pour une station quand on roule en voiturette.

Essai Citroën AMI et la tour Eiffel

Face aux voiturettes thermiques aux moteurs bruyants, Citroën AMI est bien plus discret et ludique.

Comment séduire sa cible ?

La marque Citroën s’est montrée audacieuse dans le choix de ses canaux de vente, car au-delà des concessions et du site web (qui centralise finalement toutes les commandes), l’AMI se retrouve en exposition aussi dans des enseignes fréquentées par des personnes ne suivant pas spécifiquement l’actualité automobile, ainsi que dans des pop-up stores éphémères. Retrouver une AMI en tête de rayon chez FNAC et Darty est donc un pari plutôt osé pour la marque qui a su attirer l’attention avec ce produit.

A la base, le concept AMI One (présenté à Genève en 2019) ciblait essentiellement l’autopartage, l’offre a un peu évolué pour cibler directement les particuliers, mais des Citroën AMI intègreront la flotte Free2Move disponible à Paris. Ils ont d’ailleurs personnalisés une vingtaine de voitures à l’image de quartiers parisiens réputés, mais une centaine d’AMI sont prévues pour cette solution d’autopartage (en espérant en retrouver dans toutes les grandes villes prochainement).

Citroën Concept Ami One - Genève 2019

L’offre tarifaire pourrait être un argument également face aux autres voitures sans permis, que ce soit en location, en autopartage ou à l’achat comptant :

  • A partir de 19.99 €/mois en location avec un premier apport de 2644 € pour la première finition. Sachant que la location offre plusieurs variantes en fonction de la version choisie, mais aussi de l’apport que vous souhaiter mettre. Concrètement, il est peu probable que vous optiez pour cette formule à 20 €/mois.
  • 0.26 €/minute pour la solution en autopartage Free2Move, pour les abonnés et parisiens qui sont tentés par cette formule.
  • 6900 € pour le premier prix (avant déduction du bonus de 900 €) toujours pour la version de base « AMI Ami ».
Essai Citroën AMI Free2Move
Citroën AMI Free2Move

Qu’est-ce que j’ai pensé de mon essai de cette Citroën AMI ?

Maintenant que la présentation globale a été faite, on va revenir sur mes impressions au volant de ce véhicule. Les véhicules à l’essai faisaient partir de la finition « my Ami » dispo avec 4 variantes de couleur : Grey, Orange, Blue, Khaki (Orange et bleu étant à mon avis les plus sympas). C’est la finition au-dessus de celle de base des « AMI ami », mais en dessous des deux versions plus originales : « My AMI Pop » et « My AMI Vibe ».

J’ai pris une version « my Ami blue », mais vous le constaterez vite, cette notion de couleur ne s’applique qu’aux accessoires (et notamment sur les rangements intérieurs, en plus des jantes à l’extérieur), que l’on peut d’ailleurs facilement changer soi-même en commandant un pack livré dans un carton. Un peu comme Fiat le présentait aussi sur son concept Centoventi au salon de Genève 2019, mais en simplifié chez Citroën.

Essai Citroën AMI - kit accessoire

Si on peut s’imaginer un peu à l’étroit en voyant le véhicule depuis l’extérieur vu ses dimensions, étrangement à l’intérieur, il n’en est rien. A la façon d’une coque de noix, il y a toujours pas mal de vide autour de l’élément central (à savoir nous). L’intérieur de l’AMI est plus qu’épuré, mais finalement cela offre cette notion d’espace, amplifié par les surfaces vitrées de bonnes dimensions. Reste que les sièges conducteur et passager sont décalés pour permettre à des personnes de grands gabarits d’éviter de se retrouver épaule contre épaule, il y a de l’espace, mais il ne faut pas exagérer non plus.

Il n’y a pas de coffre dans Citroën AMI, mais côté passager il y a un espace permettant de loger une valise cabine, et si vous circulez seul, vous avez avec le côté passager de quoi stocker par mal de courses. C’est assez malin. Et puis j’ai personnellement bien aimé le crochet pour le sac à main.

Il n’y a quasiment aucun élément de confort comme on a maintenant l’habitude de les avoir dans nos voitures : pas de clim, pas de radio, pas de GPS, pas de fenêtres électriques … Le GPS est remplacé par un support pour Smartphone, que l’on peut aussi connecter à une enceinte Bluetooth amovible pour avoir de la musique. Quant aux fenêtres, elles rappelleront aux plus nostalgiques l’époque de la deudeuche, puisqu’elles sont semi-battantes et à ouverture manuelle bien entendu. Il n’y a pas de clim à bord, ce qui aurait pu être appréciable, car l’été avec le toit panoramique (fixe) on cuit un peu, mais au moins elle est chauffée, à voir quand même si elle ne fait pas aquarium de buée l’hiver.

Essai Citroën AMI - rangements/accessoires intérieur

Tout est simplifié au max dans ce véhicule, 3 boutons sont disponibles sur le côté gauche du siège conducteur pour la marche avant, marche arrière et neutre. Les poignées de portes sont remplacées par des lanières à tirer (en même temps même Porsche le fait). Le volant n’a aucun bouton de commande, c’est surprenant tant on n’a plus l’habitude de ça. Au centre de l’habitacle, il reste un frein à main manuel, que certains ont utilisés pour tenter de faire du drift sur des parkings (si si c’est vrai).

Essai Citroën AMI - sélecteur vitesse

Et derrière le volant, qu’est ce que cela donne ? C’est finalement assez marrant à conduire, même si coincé entre des bus parisien, on va trouver une certaine vulnérabilité à rouler en AMI, dans les petites ruelles de la capitale et surtout celles limitées à 30 km/h, on se sent à notre place. Si l’amortissement a été un peu travaillé, mon dos et mon fessier ont trouvé le confort un peu sommaire, c’est très ferme, et les ralentisseurs comme les pavés sont un mauvais moment à passer, car le siège n’offre pas vraiment l’onctuosité que l’on connaît à Citroën.

A conduire, le couple de l’électrique, même avec une bride à 45 km/h, permet de prendre de la vitesse suffisamment rapidement pour ne pas être un danger au milieu d’une circulation urbaine dense. Autant vous dire qu’avec le copain de Tendance au Masculin, on s’est bien amusé à chaque feu rouge à faire la course chacun de son AMI, sans risquer la moindre perte de point sur le permis, par contre impossible de jouer avec d’autres véhicules. On a pu en profiter pour faire les touristes dans la capitale parisienne, le seul moment moins agréable fut de circuler vers les quais, là où la circulation se fait sur plusieurs voies avec beaucoup de trafic (scooters, voitures/SUV, camionnettes de livraison, et bus).

Essai Citroën AMI aux invalides

Je serais curieuse quand même de voir ce que cela donne quand on sort d’un milieu très urbain, j’ai peut-être quelques réserves à ce niveau-là pour le moment, surtout face à des vraies voiturettes (thermiques ou électriques) de constructeurs spécialisés.

En bref

C’est assez marrant à conduire, malgré la limitation à 45 km/h, mais il faut quand même oser affronter le reste du trafic, à voir si c’est vraiment à mettre entre toutes les mains chez les adolescents, j’ai un léger doute, je pense que c’est plus adapté pour d’autres usagers plus habitués à rouler.

Citroën AMI a imaginé pleins de petites astuces assez malines pour palier à son aspect très rustique et très plastique, et les accessoires sont précieux pour apporter du rangement et des fonctionnalités à l’auto.

Essai Citroën AMI place vendôme

Une chose est sûre et cela explique mon choix de titre pour l’article, je crois que je n’ai jamais autant attiré les regards dans Paris qu’au volant de l’AMI. Des regards interrogatifs, des rires, des « regardes ! » pointant du doigt notre véhicule et surtout beaucoup de questions suscitées par cet engin. Comme on roule doucement et silencieusement, on entend tout, y compris les conversations des terrasses de café dont on a parfois fait l’objet. A chacun de nos arrêts photos, une ou plusieurs personnes s’arrêtaient pour nous poser des questions « c’est quoi ? » »c’est électrique ? » « c’est nouveau ? » « c’est cher ? » « c’est vraiment une Citroën ? »… Bref impossible de passer inaperçu dans Paris avec l’AMI.

Essai Citroën AMI aux invalides

Réel intérêt ou effet de surprise de la nouveauté (cumulé à la diffusion d’un spot TV à cette période) dur à dire, mais en tout cas une chose est sûre, au volant de l’AMI vous attirerez l’attention, et ça c’est tant mieux pour Citroën, qui en a bien besoin à mon avis !

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Raphaelle - Miss-KW

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