Essai

Coup de projecteur sur la Mazda 6 berline

Mazda 6 berline skyactiv-d 184 ch finition takumi
Raphaelle
Rédigé par Raphaelle

Voilà un modèle relativement méconnu dans nos contrées qui mérite pourtant bien d’attirer l’attention des amateurs du genre, car ce qu’il propose n’est clairement pas dénué de sens. Disponible en version berline (comme pour mon essai) ou break, la Mazda 6 est passée par la case restylage en 2018. Si ce lifting n’offre pas la révolution d’une nouvelle génération, elle permet à cette référence d’exister encore alors que les catalogues se tournent toujours plus vers les SUV (y compris Mazda, dont j’avais testé le CX-5).

Un compromis aux modèles allemands

Bien sûr dès que l’on parle de berlines familiales, notre regard se tourne du côté des marques allemandes (on peut y associer aussi la Skoda Superb), et encore plus quand on pense aux breaks. En France, la nouvelle référence en la matière est pour le moment la nouvelle Peugeot 508 (et 508 SW) mais elle est plus petite. Pourtant côté berline, il y a d’autres alternatives japonaises à la Mazda 6, je pense notamment aux modèles récemment renouvelés de la Toyota Camry et Lexus ES. On avait d’ailleurs enterré un peu vite le segment, mais une sorte de vent de rébellion souffle encore contre l’invasion du tout SUV. Mais alors, comment se positionne la Mazda 6 dans tout cela ?

Mazda 6 berline skyactiv-d 184 ch finition takumi

J’ai pris le volant de cette Mazda 6 dans sa finition haut de gamme Takumi pendant quelques jours en région parisienne. Si avec son moteur Skytactiv-D 2.2 de 184 ch, elle aurait été idéale pour traverser la France de part en part. Je l’ai plutôt mise à l’épreuve sur les trajets du quotidien de beaucoup de franciliens, et je l’ai un peu taquinée sur des routes plus adaptées aux sportives compactes (dans la traditionnelle vallée de Chevreuse), histoire de voir si elle se révélait à la hauteur.

Mazda 6 berline skyactiv-d 184 ch finition takumi

Bonne surprise pour moi en redécouvrant ce moteur diesel de chez Mazda, il sait se montrer à la fois très discret à vitesse stabilisée mais sa sonorité n’est en plus pas désagréable quand on le cravache un peu. J’avais gardé un souvenir beaucoup plus mitigé sur la version 175 ch qui équipait le CX-5 lors de mon essai il y a deux ans de cela, ce n’est probablement pas les 9 ch de plus qui font la différence, je pense plutôt que la carrosserie et le terrain de jeu de l’époque ne lui étaient pas des plus favorables. Reste que la boite automatique 6 rapports semble un peu désuète par rapport à ce que l’on trouve sur le marché. Celle-ci ne m’a pas trop posé de problèmes sur mes conditions d’essai, mais elle peut se révéler un point négatif pour certains acheteurs un peu plus nerveux ou ceux qui aimeraient voir sa consommation baisser.

Mazda 6 berline skyactiv-d 184 ch finition takumi

L’autre bonne surprise vient de son comportement lorsque l’on opte pour une conduite plus dynamique. Clairement la Mazda 6 à la base, c’est plutôt la voiture pour bon père de famille qui enquille les kilomètres, il n’empêche qu’elle permet de hausser le rythme sans forcément en perdre ses qualités de routière. J’ai même apprécié de voir qu’elle se plaçait bien dans les courbes malgré son gabarit, les suspensions encaissaient bien les déformations des petites routes et sans trop en impacter le confort au sein de l’habitacle.

Mazda 6 berline skyactiv-d 184 ch finition takumi

Un autre avantage quand on veut comparer cette Mazda 6 à ses concurrents, c’est qu’à la différence des allemandes, la berline offre de nombreux équipements et aides à la conduite dès le premier niveau de finition. C’est la grande force des marques japonaises on le sait, mais j’aime à le répéter car cette facilité à configurer le modèle qui nous correspond offre en plus un autre bénéfice, celui d’un prix final qui ne fait pas x2 par rapport à l’offre de base (si vous avez déjà configuré des modèles Audi, BMW, Mercedes ou Porsche vous savez de quoi je parle).

Un design homogène

Il est toujours compliqué de commenter l’esthétique d’une voiture, car chacun perçoit le design selon son référentiel et ses goûts. Pour autant j’ose dire que je trouve cette Mazda 6 réussie. Ce long capot avant qui se jette sur cette calandre soulignée de chrome, que l’on commence à bien connaître chez le constructeur nippon, et cet arrière assez massif mais bien campé font leur effet. La Mazda 6 ne fait pas vraiment dans la finesse, mais on ne peut pas lui reprocher de ne pas avoir de la gueule, même si ce n’est pas la plus audacieuse de la gamme.

Mazda 6 berline skyactiv-d 184 ch finition takumi

Je dois dire que depuis un moment j’aime assez le design Kodo que la marque promeut. Cette âme du mouvement par Mazda donne des voitures qui ne sont pas le énième clone de tel ou tel modèle, et on a pu le voir encore avec le renouvellement de la Mazda 3 (dont j’aimerais aussi faire le test). Après on aime, ou pas, mais au moins il se dégage quelque chose.

Mazda 6 berline skyactiv-d 184 ch finition takumi

Dans cette finition Takumi, un soin particulier a été apporté aux matériaux qui équipent l’intérieur. Si l’ensemble n’est pas très “funky” (en même temps ce n’est pas ce que l’on cherche dans ce segment, même si la Peugeot 508 a réussi à apporter un peu de modernité), le résultat est assez soigné. Inserts en bois (de Sen), revêtement du tableau de bord et des portes en suédine (textile imitant le cuir suède), et beaucoup de plastiques moussés invitent conducteurs et passagers dans un cocon de confort. La première impression fait très “premium”, il y a bien quelques détails pour nous rappeler que ce n’en est pas vraiment un.

Mazda 6 berline skyactiv-d 184 ch finition takumi

D’ailleurs je vous propose de regarder la première partie de la vidéo de POA à ce sujet (je ne rejoins par contre pas du tout l’avis de Floriane) :

Des petites idées intéressantes que je retiens dans cette Mazda 6

En dehors des Tesla, je trouve l’ergonomie tactile des systèmes d’infotainment plutôt passables chez beaucoup de constructeurs. L’inconvénient c’est que l’on passe de plus en plus à du “tout tactile” mais qu’il est rarement vraiment adapté à une manipulation en roulant. On doit généralement changer de position pour toucher l’écran et les commandes sont parfois trop petites pour viser juste du premier coup sans détourner le regard trop longtemps. On perd donc beaucoup de temps et surtout de concentration à vouloir régler ventilation, radio ou autre et cela en devient dangereux (toujours moins que les gens sur leur smartphone, mais ça c’est un autre débat). Et quand en plus on a des ongles comme moi (ça marche aussi pour les gros doigts) cela rajoute une difficulté supplémentaire.

Mazda 6 berline skyactiv-d 184 ch finition takumi

Mazda a pris le parti de désactiver le tactile dès que la voiture est en mouvement. Vous pouvez donc utiliser l’écran tactile du système à l’arrêt pour paramétrer votre GPS par exemple, mais une fois que vous vous êtes mis en route, vous ne pourrez modifier cela que via la molette. Je trouve que c’est un bon compromis, le tactile permet de naviguer rapidement dans les menus (enfin si le système suit) à l’arrêt, mais la molette distrait beaucoup moins le conducteur. Son attention reste plus portée sur la route que sur l’écran, alors qu’en tactile c’est autre chose, surtout lorsque l’écran est positionné comme il l’est dans la Mazda 6, et qu’il n’est pas très grand (8 pouces).

Mazda 6 berline skyactiv-d 184 ch finition takumi

Un autre élément que j’ai apprécié sur cette Mazda 6 se situe au niveau de compteur de vitesse associé à la lecture des panneaux. Si le système d’indication des vitesses ou de lecture des panneaux est plus ou moins réussi en fonction des marques, ici c’est surtout dans la manière de signaler l’information que j’ai trouvé l’intégration intelligente. En effet le curseur rouge se déplace en fonction de la limitation en vigueur (sur les anciens modèles on a parfois des repères fixes à certaines vitesses, ce qui est bête quand on change par exemple les vitesses de 90 à 80km/h et que le curseur lui est fixe), si vous êtes au-dessus de cette limitation la zone entre le curseur et votre aiguille se colore en rouge… une manière distinguée de dire qu’il y a un petit abus sur la vitesse.

Mazda 6 berline lecture des panneaux

Il en va de même avec le régulateur, qui signale par une ligne verte la limitation que vous avez fixé par rapport au curseur rouge (limitation en vigueur). Je trouve ça plus lisible que le rappel du panneau (que l’on a aussi à droite du compteur et sur l’affichage tête-haute). Pour moi c’est un système malin, pas non plus trop intrusif, mais qui permet en un coup d’oeil de savoir si “oups! J’ai le pied un peu lourd sur cette portion de route”.

Mazda 6 berline régulateur de vitesse

Malin aussi les deux prises USB dans l’accoudoir central des places arrière, ainsi que la possibilité d’activer les sièges chauffant à l’arrière depuis ces boutons (en finition “Selection” et “Takumi”). Vous l’aurez par contre compris ce modèle est destiné à être une 4 places plus qu’une 5 places.

Enfin le coffre et ses 480 litres de contenance devraient répondre aux besoins de bien des utilisateurs. Par contre un petit truc à savoir, évitez d’avoir à faire le plein de AdBlue sur le chemin des vacances avec le coffre rempli, car l’accès au réservoir se fait depuis le coffre (à la place de la roue de secours), donc pensez à anticiper la remise à niveau si vous ne voulez pas vider votre coffre sur une aire d’autoroute.

Mazda 6 berline skyactiv-d 184 ch finition takumi

En bref

Je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre en me lançant dans l’essai de cette Mazda 6 berline, j’avais d’ailleurs peur que son gabarit (4.87 x 1.84 x 1.45 m) et son poids (1 561 kg) ne la handicapent un peu trop pour une utilisation péri-urbaine. Mes appréhensions ont été vite gommées, car cette Mazda se prend en main très facilement, les caméras 360° disponible sur les deux finitions supérieures aident aussi pour toutes les manœuvres, et elles viennent compléter un équipement d’aides à la conduite relativement complet pour rouler en toute sécurité.

Mazda 6 berline skyactiv-d 184 ch finition takumi

En prenant la voiture, celle-ci indiquait une consommation moyenne de 7.5 litres / 100 km, ce qui me semblait assez haut pour une motorisation diesel 2.2 l de 184 ch, mais je l’ai fait baisser à 6.2 l/100 km ce qui me semblait plus logique pour ce genre de véhicule, et je ne doute pas que l’on puisse faire baisser ces consommations sur de longs trajets.

Mazda 6 berline skyactiv-d 184 ch finition takumi

On a donc de l’agrément de conduite, un bon confort, une motorisation qui n’est pas déconnectée de la réalité (même si la boîte n’est pas ce qu’il se fait de mieux), un équipement relativement complet dès la première finition “Elegance” débutant à 32 850€. Reste que la version haut de gamme Takumi de mon essai démarre à partir de 43 100€ (avec un malus de 253€), ce qui est forcément moins abordable, mais qui conserve malgré tout à mon sens un très bon rapport qualité/prix.

Mazda 6 berline skyactiv-d 184 ch finition takumi

Alors pourquoi ne séduit-elle pas plus largement ? Déficit d’image très probablement car la marque communique peu sur ce modèle. C’est un peu à l’image de ce qu’il se passe avec la Kia Stinger, un modèle que j’avais également beaucoup apprécié. On pousse les moutons vers du SUV, Quel gâchis ! Heureusement qu’il y a la MX-5 pour mettre tout le monde d’accord (voiture que je dois encore tester pour le blog).

L'avis parfaitement subjectif de Miss280ch // Mazda 6 berline
Overall
7.3/10
7.3/10
  • Look Global - 7/10
    7/10
  • Motorisation - 6.5/10
    6.5/10
  • Confort & équipements - 8/10
    8/10
  • Rapport Qualité / Prix - 7.5/10
    7.5/10

La testeuse en dit :

Les berlines n’auraient plus le vent en poupe face aux SUV, c’est bien dommage car cette Mazda 6 offre à mon sens plus d’avantages que son équivalent CX-5 pour un budget légèrement inférieur. Pour ceux qui résistent à la tendance, il s’agit une berline qui conviendra parfaitement à des personnes qui doivent aligner les kilomètres, surtout avec cette motorisation SkyActiv-D de 184 ch, et que l’on privilégiera en toute option comme cette finition Takumi (ou celle en dessous “sélection”) pour profiter de nombreux équipements pour un budget contenu.

A propos de l'auteur

Raphaelle

Raphaelle

Passionnée d'automobiles surtout quand elles ont des chevaux sous le capot, je parle des voitures sans me limiter à la palette des couleurs des citadines... .

Entre coups de coeur et coups de gueule, je m'exprime souvent sans langue de bois mais toujours avec humour.

Basée en Alsace, je profite pleinement de l'autobahn illimitée pour taquiner les VMax des voitures...

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