Coup de gueule

Pourquoi diable les politiques s’entêtent-ils à forcer le choix des motorisations ?

Raphaelle
Rédigé par Raphaelle

Après l’échec du “tout diesel” poussé par les gouvernements précédents, on aurait pu croire qu’ils auraient appris de leurs erreurs, mais voilà que l’état semble de nouveau vouloir se mêler de ce qu’il ne connait pas en poussant à rouler “vert” sans se demander si cela correspond aux besoins des contribuables et aux capacités du territoire.

Avant que l’on ne m’accuse d’être une méchante pollueuse vendue aux lobbies pétroliers, je dis tout de suite que je suis favorable au développement des véhicules “propres”.  Et avant que l’on m’accuse cette fois d’être une écolo anti véhicules thermiques, je vous invite à lire un peu mon blog. Vous noterez aussi que beaucoup d’appellations apparaîtront entre guillemets puisque le but ici de ma réflexion ouverte n’est pas de discutailler sur l’étymologie des appellations.

Mon article intervient dans un contexte où le diesel, qui a été tant encensé à une époque pour ses qualités, devient maintenant persona non grata dans les villes et sur nos routes.  On aurait pu croire que la chasse aux sorcières se limiterait à ces motorisations diesel dites “polluantes” mais c’était sans compter sur l’esprit créatif et l’opportunisme fiscal qui émergent sous prétexte de développement durable.

Il n’y a pas “une” solution mais “des” solutions

Face à une population pas vraiment aux faits des évolutions technologiques et des possibilités qui s’offrent à eux, on se retrouve face à un problème de compréhension. Il y a un véritable déficit d’informations qui conduit à la multiplication de fake news, d’incompréhensions et de méfiance.

Beaucoup d’automobilistes restent sur leurs acquis, d’autres s’en remettront au discours souvent orienté d’un commercial dans une concession auto au moment du renouvellement de leur véhicule et une autre frange de la population subira l’influence des médias & politiques sans trop comprendre pourquoi ils doivent tout changer. Et comme mes lecteurs sont brillants, ils auront eux peser le pour et le contre dans toutes les informations contradictoires, et auront tout compris de ce sujet de fond 😉

Certains politiques semblent penser que la solution d’avenir repose sur le véhicule électrique, c’est en partie vrai, mais en l’état actuel des avancées technologiques, ce n’est pas encore LA solution accessible à tous. Et c’est là le principal problème qui envenime les échanges autour de cette technologie.

A vouloir imposer un choix unique, on tend à cristalliser le débat tout en favorisant des discours « anti » assez virulents fondés sur des “on dit” faussés. Voila comment les véhicules électriques partent avec un handicap dans l’esprit de beaucoup de personnes, faute de discours clair et pédagogue (malgré les efforts de certains sites comme Automobile Propre).

L’offre de VE en est à ses balbutiements, sa technologie de batterie aussi (au même titre que nos batteries de smartphones), et s’il faut toujours des « early adopters » pour améliorer les choses (et notamment les infrastructures), il y a quand même un certain délai nécessaire avant que la « masse » des consommateurs puissent y accéder.

Quand Anne Hildago annonce que les thermiques n’auront probablement plus le droit de citer au sein de Paris en 2030, c’est du « blabla bullshit », les infrastructures de Paris et environ ne pourront pas accueillir dans ces délais 100% de VE (ou même des hybrides rechargeables) pour l’aspect recharge du moins, à part à choisir d’endetter lourdement la ville ou de céder la concession des trottoirs à des opérateurs privés.

Le parc automobile ne se renouvelle de toute façon pas assez vite pour qu’en 12 ans on passe d’une majorité de diesel à une majorité de véhicules « propres ». Sachant que les gammes de véhicules professionnels (utilitaires, camionnettes, camions … ), qui représentent une partie non négligeable du trafic dans les grandes villes, n’offrent pour le moment pas ou peu de solutions.

Bref on veut vous faire sauter du coq à l’âne, mais entre les deux il existe d’autres solutions qui sont peu mises en avant (donc encore trop peu exploitées) :

  • GPL / GNV : les technologies sont différentes mais pour faire simple on va les regrouper sous l’appellation « gaz » dans le cas du GNV il est notamment issu du méthane (quelque chose que l’on produit hélas en trop grande quantité)
  • Hybride / Hybride rechargeable : pour permettre de rouler partiellement en électrique notamment pour les courtes distances dans l’espace urbain, et de disposer d’un moteur thermique pour les plus longues distances (On reviendra bientôt sur le sujet avec mon dernier essai de la gamme hybride Toyota/Lexus)
  • Hydrogène : il faudra attendre que des stations fassent leur apparition, mais c’est une technologie « relativement propre » qui se développe au Japon et aux USA (on reparlera de la Toyota Mirai prochainement aussi)

A chaque type d’utilisation d’un véhicule correspond une motorisation plus ou moins adaptée… ou bien une solution alternative (vélo, transport en commun enfin des vrais qui fonctionnent de manière fiable…) car l’automobile n’est pas toujours la réponse la plus logique, même si c’est une des plus confortable. Et clairement une citadine en diesel pour faire 3000km dans l’année ce n’est définitivement pas une bonne solution, mais vouloir forcer un commercial qui fait 90 000km/an à passer à l’électrique, c’est aussi un non-sens avec l’offre actuelle.

Tout ça pour dire qu’avant de vouloir faire passer tout le monde à l’électrique, ce qui ne se fera probablement pas en moins de 30 ans (et même plus dans les campagnes), il aurait peut-être fallu commencer par développer des solutions alternatives plus « hybrides » de manière à faire une transition en douceur…  Mais apparemment c’est nettement moins drôle que de mettre des ultimatums aux constructeurs historiques et de glisser un couteau sous la gorge des consommateurs.

Leur erreur : mélanger fiscalité et écologie à mauvais escient

On en revient à la phrase de mon introduction, on pourrait croire que les incitations fiscales faites sur le diesel et maintenant supprimées progressivement leur aurait permis d’éviter de reproduire certaines erreurs maintenant, mais non …

On continue à utiliser la carotte et le bâton à outrance, en changeant les règles du jeu dès que les plus malins commencent à les maitriser. C’est notamment le cas avec le bonus / malus écologique. Un temps vertueux, les hybrides puis les hybrides rechargeables ont été chassés du bonus. Non pas qu’ils ne sont plus « propres » mais parce que cela coute trop cher à l’état (et que certaines hybridations sont un peu foireuses, juste là pour la bonne conscience, on est d’accord).

Le plus symptomatique était pour moi la proposition de changement de la loi de finance pour limiter le bonus aux VE « abordables » (en gros plus ou moins une mesure anti-Tesla ou autres premium allemands à venir), mais heureusement pour le moment elle est retournée dans les tiroirs (jusqu’à quand ??). Un bonus VE à deux vitesses aurait clairement mis le feu aux poudres inutilement, l’électrique n’a vraiment pas besoin d’une polémique en plus entre ceux qui peuvent rouler longtemps et les autres (oui c’est un peu taquin je le concède).

Autre mesure qui a généré rancœurs et incompréhensions, c’est le système de vignette crit’air (même si pour le moment elle ne représente pas vraiment un coût). Ce que les automobilistes ne peuvent pas comprendre (et là-dessus je les rejoins) c’est : comment un véhicule peut avoir un Malus maximum (basé sur le CO2) mais obtenir une vignette Crit’Air minimum (norme euro) ?  Et le comble c’est que la vignette est censée être valide toute la vie du véhicule, donc une voiture particulière aujourd’hui classée 2 (pour un gros diesel neuf par exemple) le sera toujours dans 10 / 15 / 20 ans … il y a un couac dans l’énoncé non ?

Donc d’ici 5 ans (ou moins) il va falloir s’attendre à des changements et je doute que ce soit en faveur des automobiles qu’elles soient « polluantes » ou partiellement « propres ».

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Pour conclure sans détour …

Bref si le développement durable doit être un projet porté par tous à différentes échelles (et pas uniquement au niveau de l’automobile), ce n’est pas une idée que l’on peut lancer un soir à la fin d’un dîner bien arrosé avec une application le surlendemain (je pense à A. Hildago mais aussi N. Hulot et tous les autres qui prennent des décisions comme une envie de pisser). Ca c’est un peu comme ceux qui se mettent au régime au premier janvier après une période des fêtes pleines d’abus, ça ne marche pas !!

La  mise en place de motorisations alternatives par rapport à ce que l’on connait depuis plusieurs décennies doit passer par des phases de transition et d’information. Ces phases doivent permettre de faire évoluer les concepts et technologies, mais surtout les infrastructures nécessaires à celles-ci. Mais les grands groupes pétroliers sentent déjà le vent tourner et commencent à se diversifier pour survivre, il va s’en dire que les constructeurs automobiles ont intérêt à ne pas trop lambiner non plus, même s’il est rageant de devoir céder à ces enfants pourris gâtés et capricieux qui occupent nos postes d’élite dans nos pays…

Bref en attendant je vous dis : vive la cohabitation entre thermiques et électriques, il y a de la place pour tout le monde …donc arrêtez de créer une guerre, diviser pour mieux régner, c’est hélas un peu trop ce qui est déjà exploiter par nos gouvernants…

Ah et puis f*ck les décisions politiques visant à nous dicter nos choix ! Je roule donc je suis libre … peu importe si je roule en diesel, en essence, en hybride, au gaz ou à l’électrique car de toute façon nulle solution n’est parfaite !

A propos de l'auteur

Raphaelle

Raphaelle

Passionnée d'automobiles surtout quand elles ont des chevaux sous le capot, je parle des voitures sans me limiter à la palette des couleurs des citadines... .

Entre coups de coeur et coups de gueule, je m'exprime souvent sans langue de bois mais toujours avec humour.

Basée en Alsace, je profite pleinement de l'autobahn illimitée pour taquiner les VMax des voitures...

7 commentaires

  • Un coup de gueule que je partage.
    Sous pretexte d’ecologie, Hidalgo et Hulot, d’autres avant eux, confondent tout.
    Les normes de dépolutions sont émises et a respecter, c’est là dessus qu’il faut travailler et non pas interdire tel ou tel véhicule.
    Comme tu le fais remarquer, ils ont incité a se dieseliser, mais les taxes ne rentent pas dans les caisses … donc ont fait tout pour l’interdire.
    Quand le tiroir caisse dirige la pensée …

  • La vignette crit’air n’a pas plus d’avenir que la vignette verte de 1998, et sa numérotation décroissante suffit à elle seule à le montrer : les véhicules catégorie “1” sont les “meilleurs” pour l’instant, mais alors çà se passera comment lors du prochain durcissement de norme ? Il-y-aura une catégorie “0” ?
    Et ensuite une “-1” ?…

  • Racontez votre petit article au famille de milliers de victimes par an, liés directement ou indirectement au laxisme de laisser rouler et vendre des diesels ou autre grosses cylindrées depuis des décennies. certes les gouvernements successifs ont fait des erreurs mais comme nous tous si on nous impose pas on ferra jamais..
    à bon entendeur…

    • Pardon, mais j’ai ris.
      “comme nous tous si on nous impose pas on ferra jamais”
      On nous a imposé de rouler en Diesel pendant des années, vous l’avez raconté aux familles des victimes?
      Vous avez raconté aux personnes roulant en voiture hybride depuis 20 ans, ou en électrique depuis 10 ans qu’ils n’étaient pas capable de choisir par eux mêmes leur mode de déplacement puisqu’on ne le leur a pas imposé?
      A bon entendeur… 🙂

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