Coup de gueule

A qui profite le Tesla Bashing ?

Tesla superchargeur sausheim
Raphaelle
Rédigé par Raphaelle

Si vous vous attendez à ce que je donne une réponse à cette question, on est mal barré, parce que je n’ai aucune certitude en la matière. Par contre je voulais vous emmener avec moi dans une réflexion qui dépasse le simple commentaire de faits divers automobiles, comme on y assiste depuis quelques semaines.

Que l’on soit “pour”, “contre” ou un peu dubitatif de ce nouveau genre automobile et de sa marque emblématique “Tesla”, j’invite tout un chacun à prendre le temps de la réflexion avant de se retrouver pantin dans les mains expertes de quelques savants manipulateurs de l’information ou plutôt de la désinformation.

On peut facilement croire que je suis une fan de Tesla, car ce n’est pas la première fois que je prends une position plutôt en faveur de la marque, mais même si j’apprécie en effet beaucoup la model S, d’autant plus après l’avoir essayée, je suis tout de même assez critique sur pas mal de points envers la marque. Comme dans ce monde, rien n’est tout blanc ou tout noir (sauf pour les bisounours), il faut savoir prendre un peu de recul, et avant tout j’essaye de l’appliquer à moi-même et aux réflexions que je partage avec vous.

“Haters gonna hate”

keep-calm-haters-gonna-hatePour les plus geek, cette phrase est bien connue car c’est aussi le fonds de commerce des “trolls” (ces vilains qui aiment mettre le souk un peu partout en étant forcément opposé à vous), et je ne sais pas vous, mais j’ai l’impression que plus les réseaux sociaux se développent plus ils révèlent en chacun d’entre nous le troll caché au plus profond, et ce n’est pas forcément beau à voir, car couplé à l’effet “mouton” cela réduit la réflexion de fond à sa plus simple expression (enfin à aucune réflexion personnelle de fond en fait…).

Bref pour une grande partie des passionnées d’automobiles, Tesla est la marque que l’on adore détester, parce qu’indirectement elle fait craindre un peu plus rapidement que les autres marques la mort de l’industrie automobile thermique en proposant enfin des voitures électriques qui tiennent globalement la route (au sens propre comme figuré). Et comme le développement des véhicules électriques est énormément poussé par les gouvernements et la pseudo bonne morale écologique, on commence à s’inquiéter des conséquences sur le marché de nos moteurs pétaradant, là où les Zoe et autres Leaf en touchaient une sans faire bouger l’autre… si vous voyez ce que je veux dire. Même moi je me retrouve entre l’exaltation pour ces nouvelles technologies et la nostalgie de l’auto du passé, trop dur de choisir par moment…

Tesla, et surtout son PDG Elon Musk, est donc le petit nouveau un peu trop turbulent dans un marché automobile plutôt assagi et structuré. Il casse les codes, prends des parts de marché à des acteurs établis et développe des voitures comme il aurait pu développer des smartphones ou autres produits High-tech. Comment un homme sorti d’une boite comme Paypal peut-il en quelques années s’imposer (ou du moins creuser son trou suffisamment) aussi bien dans le secteur centenaire de l’automobile que dans celui de la conquête spatiale (SpaceX). Bref Elon Musk est à la fois vivement encensé / admiré que critiqué / démoli, il est surtout l’homme à abattre pour certains concurrents, non contents de partager le gâteau. Là on finit vite par entrer dans la théorie du complot … mais d’autres ont subi le même sort avant lui dans l’univers automobile donc cela reste crédible.

Une mise en lumière étrange de simples faits-divers ?

Ce qu’il se passe ces derniers temps avec Tesla, me rappelle aussi un peu le traitement médiatique de l’affaire Volkswagen. C’est pour ça que je vous invite à prendre un peu de recul, car on vous montre une paille pour mieux cacher la poutre (idem avec les histoires des Burkini & co… bref pas de politique ici aujourd’hui).

Je ne dis pas que les Tesla sont exempts de tous défauts (de jeunesse ne l’oublions pas) et qu’il faudrait passer sous silence ceux-ci. Au contraire je pense qu’il est utile de mettre en lumière les défauts des voitures comme par exemple les airbags défectueux de Takata (qui n’est pas assez médiatisé à mon sens), ce que je reproche par contre c’est la manière dont l’information est traitée souvent sans vérification et avec sensationnalisme quand il s’agit de Tesla… on vend du buzz... à des gens qui pour certains n’ont même jamais vu la queue d’une Tesla (et ne connaissent pas vraiment son fonctionnement).

Dernier fait divers pour Tesla en France, une model S prend feu en plein essai dans le Sud-Ouest. C’est certes pas très rassurant pour les propriétaires de Tesla, sachant que ce n’est pas le premier cas du genre, mais combien de véhicules en France nous font le coup de la combustion spontanée ? Je n’ose même pas pointer du doigt les Ferrari et autres supercars championnes en la matière, je parle de la Renault / Peugeot (et toutes les autres marques) de Monsieur tout le monde qui, à cause d’un bête court-circuit (la plupart du temps), s’embrase et se fait dévorer par des flammes voraces en quelques minutes. J’ai quelques contacts qui pourraient témoigner que c’est loin d’arriver qu’à des voitures “exotiques” et ce malgré un bon entretien de l’auto… Pourquoi donc tant de bruit pour cette Tesla, je me pose des questions.

Le tweet avec sa vidéo de Cédric Faiche de BFM TV qui se trouvait justement à ce moment là en vacances ici et dont la vidéo a été reprise par de nombreux sites de presse en ligne pour illustrer les articles sur le sujet (bah oui je fais de même du coup 😉 )

Et pour ce qui concerne les news autour de “l’autopilot”, je vous renvoie vers mon article sur le sujet, je ne vais pas revenir dessus pour le moment il n’y a pas matière à rediscuter de ce point.

Mais alors à qui profite le crime ?

C’est bien là toute la question… Si quelques problèmes mineurs auraient pu servir à Tesla pour doper sa stratégie de communication, en surfant sur la vague du bad buzz maîtrisé pour faire parler d’elle (plusieurs marques utilisent ce genre de stratégie depuis des années), dans le cas présent les problèmes sont trop importants pour pouvoir penser que Tesla exploite ces événements à son avantage (même s’ils en profitent quand même indirectement pour développer la notoriété de la marque, enfin du moins faire rentrer dans les esprits l’équation “Tesla = VE”).

Non, on peut penser que cette campagne de “Tesla Bashing” (= lynchage médiatique pour les non anglophones) qui monte en épingle le moindre fait divers est maintenu par un lobby automobile (ou plusieurs) qui gagne plus à encourager les marques historiques pour ses propres intérêts (financiers bien sûr)… J’ai ma petite théorie sur la question mais je vous laisse vous faire la vôtre.

Bref la prochaine fois que vous verrez une news autour d’un “accident/incident Tesla”, demandez-vous quand même si vous en auriez entendu parler de la même manière s’il s’était agi d’une autre marque historique.

MAJ : Une petite mise à jour soufflée par un lecteur de Boitier Rouge (merci Guillaume) avec une citation de Gandhi qui pourrait s’appliquer à l’observation que j’ai de ce phénomène (on serait donc passé de l’étape 2 à l’étape 3) :

gandhi

 

A propos de l'auteur

Raphaelle

Raphaelle

Passionnée d'automobiles surtout quand elles ont des chevaux sous le capot, je parle des voitures sans me limiter à la palette des couleurs des citadines... .

Entre coups de coeur et coups de gueule, je m'exprime souvent sans langue de bois mais toujours avec humour.

Basée en Alsace, je profite pleinement de l'autobahn illimitée pour taquiner les VMax des voitures...

1 commentaire

  • Je ne suis pas sûr qu’il s’agisse d’un bashing organisé, mais probablement plus un emballement médiatique comme on en connaît tant (le Burkini est un excellent exemple).

    Avec Internet et les réseaux sociaux, les médias font la course à l’immediateté, sans aucun recul ni aucune analyse et des supputations ou des suspicions sont élevées au rang de faits. Du coup, personne ne vient contrebalancer l’emballement des réseaux sociaux (sauf à repondre post à post à tous les posts et commentaires débiles que l’on voit passer sur Facebook ou autre…).

    Résultat, tout est blanc ou noir. Jamais de gris. Il devient impossible d’avoir une position médiane. C’est toujours les gentils contre les méchants. Point barre.

    Sur la Tesla, certes, elle a flambé. Mais, ça arrive également aux voitures à combustion (Tiens, j’y repense. Ca m’est arrivé. Un court circuit dans une Fiesta avec laquelle j’ai failli mettre le feu au Tribunal dans le parking duquel elle était garée…).

    De plus, les médias et les réseaux sociaux en se focalisant sur l’immédiat et le court terme ratent de vraies questions.

    Par exemple, quid du recyclage des batteries, pour l’instant inexistant. Et qui posera peut-être problème d’ici 10 ans quant il faudra se débarasser des véhicules électriques construits aujourd’hui. Ceux-ci seront-ils à leur tour interdits de circulation au vu des problèmes écologiques qu’ils auront générés d’ici là ?

    Après, les quotidiens jouent les pleureuses parce que les blogs leur piquent des lecteurs. Bah oui, mais on y trouve davantage de faits, de recul et d’analyse, de la part d’auteurs généralement plus spécialisés dans leur domaine que le moindre journaliste de base.

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